Du Pays du Moramora au Kaizen (2/2 Partie)

© MorgueFile "Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas." ) Lao-Tseu

© MorgueFile
« Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas. » Lao-Tseu

Changer de mentalité revient toujours comme la voie préconisée par de simples citoyens lorsqu’on leur demande ce qu’il faut faire pour sortir de la pauvreté et tendre vers une société plus juste et évoluée.

Ce changement de mentalité serait requis de la part des dirigeants politiques dans leur manière de concevoir la gouvernance, mais aussi passerait par une prise de conscience collective quant à la notion de responsabilité au quotidien. Plus facile à dire qu’à faire ? Nous avons parlé de l’attitude Moramora qui « ralentirait » le développement général d’un individu ou toute une nation. Mais comment changer les vielles habitudes et par où commencer ? Nous avons annoncé que le Kaizen pourrait être la meilleure chose qui puisse nous arriver compte tenu de notre circonstance.

Lentement mais…sûrement

Pour dire les choses simplement, le Kaizen est un mot japonais qui a pour sens : « amélioration continue ». Etimologiquement, ce terme est composé des mots « Kai » qui veut dire changement et « Zen » qui signifie bon. C’est un état d’esprit qui cherche à améliorer une situation donnée graduellement et doucement afin de la rendre meilleure. En d’autres termes, le Kaizen repose sur le fait que les petites actions d’amélioration faites régulièrement engendreront de meilleur résultat ou performance.

Tout cela semble relever du bon sens. Toute création ne passe pas de la naissance à l’âge adulte dans la même journée. Pour acquérir les connaissances nécessaires, on ne passe pas de la maternelle à l’université du jour au lendemain. Tout est question de petites étapes à franchir. L’esprit Kaizen peut se résumer ainsi : Mieux qu’hier, moins bien que demain.

La force principale de ce mode de pensée est due au fait qu’il ne se base pas sur de gros moyens ou de changement radical mais chacun avec le peu de choses qu’il a et, avec un minimum de volonté pourrait accomplir de grandes réalisations à terme.

D’ailleurs pour toutes ces raisons, le Kaizen est l’apanage des entreprises qui cherchent constamment à améliorer leurs compétitivité et performance: redéfinir continuellement le standard de qualité afin d’obtenir de meilleurs produits.

Cela requiert une certaine humilité d’être dans l’autocritique et de relever le défi de passer au prochain niveau vers l’excellence. Cette vision a été popularisée par Toyota dans le monde des entreprises – notamment dans les domaines de la production et de la logistique. Vous êtes peut-être familiers avec ces quelques termes barbares : Cycle PDCA, Kanban, Six Sigma, Lean manufacturing, 5S, Poka-Yoké et Just-in-Time. Nous n’allons pas entrer dans les détails mais en général ce sont des techniques dérivées du Kaizen qui consistent à chasser les gaspillages (les défauts, les sur-stocks, les mouvements inutiles) et identifier les activités à forte valeur ajoutée.

Ce qui nous intéresse au plus haut point, c’est l’application de cet état d’esprit dans notre quotidien.

Qui n’avance pas recule

Les mots clés à retenir sont : amélioration (aussi minime soit-elle), lentement mais graduellement et de façon continue.  On est d’avis qu’une situation stagnante n’est pas forcément un bon signe car on fait du surplace et l’on risque de perdre pied.

Concrètement, vous voulez courir à raison de 10 Km par jour. Commencez par vous entraîner 10 minutes par jour durant 1 ou 2 semaines (chacun son rythme). Et le fait de se réveiller tôt (tout est relatif) à la même heure et entreprendre 10 minutes d’exercice physique serait déjà un exploit pour les rois de la grasse matinée. Reconnaissons que c’est déjà une évolution en soi.  Et petit à petit, avec le temps, vous allez graduellement améliorer vos performances et créer ainsi une nouvelle habitude.

Vous avez du mal à faire du rangement chez-vous, n’attendez pas Samedi pour faire le « grand ménage », commencez dés aujourd’hui à vous débarrasser de ces choses inutiles sur votre bureau. Demain, vous allez vous attaquer à d’autres endroits et ainsi de suite. À la fin de la semaine, vous auriez fait sûrement des progrès significatifs sans trop d’effort.  Maintenant, les flemmards ont une excuse « philosophique » pour justifier leurs démarches diriez-vous ? Mais si tout ceci est fait régulièrement et convenablement, ils n’auront même pas à consacrer plus de temps qu’il n’en faut pour bien ranger.

Vous avez des difficultés à commencer votre livre de 700 pages ? Fixez-vous comme objectif de lire 2 à 3 pages par jour. Vous verrez quel  progrès vous auriez fait dans quelques semaines. Avec le temps, vous liriez plus de pages que d’habitude, ne dit-on pas l’appétit vient en mangeant ?

Allons lentement, nous sommes pressés

À Madagascar, nous avons le rythme (moramora), mais contrairement à l’esprit Kaizen, on n’est pas toujours dans cette recherche perpétuelle d’une meilleure performance et de l’excellence.

Et pourtant, nous espérons voir un changement positif considérable et radical au niveau national. Arrêtons de nous attaquer « globalement » à des problèmes qui à première vue paraissent insurmontables et inaccessibles. Il faudrait qu’on arrive à identifier des domaines spécifiques et travailler graduellement à les améliorer. Si on veut faire avancer la société, soyons critiques quant à notre situation actuelle (personnelle ou communautaire) et apportons des points d’amélioration petit à petit au bon rythme.

Pourquoi il faudrait plus d’une journée et passer par 3 bureaux pour avoir des documents signés et cachetés ? La saleté dans les quartiers est-elle une fatalité ? Serait-on condamné à fabriquer des produits de mauvaises qualités ? Sommes-nous tombés dans la médiocratie ?

Une recherche d’amélioration nécessite une certaine transparence dans la façon de faire, une certaine ouverture d’esprit afin d’accepter les changements à apporter, et une quête collective d’un certain niveau de progrès. La somme de nos petites actions au quotidien dans tous les domaines produirait de grands bouleversements dans notre environnement.

Dans le Kaizen, l’entraide est importante car chacun se doit d’apporter et partager sa vision des choses. Une valeur qui correspond à la sagesse Malgache. Soyons pragmatiques, jouons collectifs, adoptons de nouveaux réflexes, de nouveaux standards de vie – lentement (moramora) mais sûrement !

Pour les responsables étatiques, un mandat de 5 ans ne suffira sûrement jamais à (re)construire tout un pays (à moins d’un miracle) donc n’est-il pas temps d’avoir des projets de société cohérents au service de tous – et non propagandistes au service d’une personne ou d’un parti. De cette manière, chacun au fil du temps pourrait apporter continuellement sa contribution dans la concrétisation d’une vision globale. Scénario utopique ?

Tout cela pour dire que changer de mentalité ou d’habitude est à notre portée, mais transformer cette bonne intention en action requiert peut-être plus de la volonté et du courage ? Et cela dépend de tout un chacun, mais malheureusement, on n’est pas toujours prédisposé à faire ce pas. Qu’en est-t-il de vous ?

Publicités

À propos de Gasy ImpACT

Soyez le chan­ge­ment que vous vou­lez voir dans le monde - Gandhi Voir tous les articles par Gasy ImpACT

4 responses to “Du Pays du Moramora au Kaizen (2/2 Partie)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :