Du Pays du Moramora au Kaizen (1ère Partie)

©Krayker RGBStock

Vous connaissez sûrement quelques noms ou expressions pour désigner Madagascar et « Pays du Moramora » en fait certainement partie. Si l’appellation peut cacher des aspects positifs, il faut reconnaître que le sens négatif du terme contribue largement à sa renommée qui nous colle à la peau et fait désormais partie des vocabulaires pour définir le « rythme » à la Malgache. De l’autre côté, nous avons le Kaizen venu du « Pays du Soleil Levant ». Il est juste fort intéressant d’observer que si ces concepts évoquent tous les deux un rythme « lent », les tenants et les aboutissants ne sont pas identiques.

Lentement mais…lentement

Pour les non-initiés, « Moramora » veut dire littéralement : doucement ou lentement et se lit « Mouràmoure ». Mais, l’idée même sous-entend une connotation péjorative notamment lorsque l’on se réfère à la façon de vivre ou de travailler (lenteur, insouciance ou laisser-aller) des Malgaches – typique des pays chauds diront les mauvaises langues.

Il faut néanmoins préciser que vous pouvez être originaire d’un pays où la rigueur est d’usage mais êtes vous-même « moramora » de nature. Comme vous pourriez rencontrer un Malgache plus discipliné que la meilleure armée du monde (les deux doivent bien exister, non !?).

Si avoir une « Moramorattitude » est plutôt perçue comme négatif, il faut dire que comme toute chose, cette façon de vivre a ses bons côtés : être relax, Zen et calme constamment. Certains affirment même que le pacifisme et la gentillesse légendaire des Malgaches sont bercés par ce rythme. On pourrait appeler cette partie l’apologie du Moramora ! Le fait qu’on ne se casse pas trop la tête sur ce qui se passe ou ce qui pourrait advenir rend les gens « moins angoissés ».

À ce propos, le dernier classement de Happy Planet Index (HPI, 2012) rapportait que Madagascar fait partie des 10 pays les plus heureux d’Afrique et aussi incroyable que cela puisse paraître, la Grande Ile est plus heureuse que la France selon toujours le même classement. Notre Moramora national pourrait-il expliquer à lui seul ce résultat ? Mais comme le bonheur est relatif, la réalité nous rappelle que la majorité de la population vit dans une misère sans nom. À chacun de répondre si ce « laisser-aller » contribue plus à notre bonheur ou à notre malheur ?

Pour dire les choses clairement, la mentalité Moramora reflète un certain manque de rigueur dans la façon de faire et d’appréhender les choses. Ce terme englobe diverses significations qui peuvent se manifester sous différentes formes. Les exemples suivants ne sont pas exhaustifs, mais nous donnent un aperçu de ces différents aspects. Pour chaque cas, on a mis un scénario typique afin d’illustrer ce genre de situation {…}.

Le laxisme : on a une disposition naturelle à une tolérance hors pair par rapport aux événements. On a tendance à prendre les choses à la légère. D’autant plus, on se dit que si la majorité fonctionne de la même manière, cela doit être la norme à suivre.

Typiquement, les produits « Vita Gasy » (Made in Madagascar) souffrent de ce problème-là car il y a un certain laisser-aller dans la production de certains produits au détriment de la qualité.

{Quoi !? J’ai fait ça ? Ok mais…ce n’est pas si grave que ça. Ce n’est pas non plus la fin du monde. Ce sont des choses qui arrivent.}

Par ailleurs, si le Malgache est ingénieux et capable de trouver des solutions en rapport aux défis quotidiens, on a tendance à appliquer le « système D » dans tous les domaines.

{Quoi !? T’as mal à la tête ? Prends du paracétamol et si cela s’empire, on verra le médecin plus tard.}

Flexibilité temporelle hors pair : Il est de notoriété publique comme on le répète aussi souvent dans ce blog que « Dieu a donné la montre aux Suisses et le temps aux Malgaches ». Ceci se traduit par le problème de tenue des délais dans l’accomplissement des projets dans les temps impartis. La ponctualité absolue n’est pas toujours notre point fort.

{Toi hein ! Arrête de m’appeler toutes les heures pour me dire que tu seras-là dans 5 minutes.}

La procrastination (bien qu’universelle) caractérise aussi cette attitude Moramora: pourquoi faire tout de suite ce que l’on pourrait faire plus tard. Du coup, il est courant de voir certains travaux faits à la dernière minute. Certains diront que peut-être ils aiment travailler sous pression.

{Je ne sais pas trop quoi dire ! Cela vous ennuierait de revenir demain matin…ou plutôt dans 1 semaine pour être sûr à 100%}

 L’attitude « Après moi le déluge » : celui-ci se traduit par un sentiment d’irresponsabilité et d’inconscience. La pire des formes du « Moramorattitude » car ses adeptes ne voient que le bout de leur nez sans prendre en compte les dégâts de leurs actions auprès de la société tout entière.

{Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Rasez-moi cette forêt…de bois de rose.}

Et c’est là que le bât blesse car cette « cool attitude » risque de nous transformer à jamais en des personnes « moins regardant » face à l’excellence, à la discipline et aux lois en vigueur. On se dit qu’il y aura toujours moyen de trouver une solution à n’importe quelle impasse.

Certes, il y aura toujours de « bonnes » raisons pour justifier ce genre de laisser-aller : le manque de moyens, l’inexpérience, la culture face à l’incertitude, la pauvreté etc. ce qui n’est pas toujours faux mais le fait est qu’on a aussi la capacité de changer les choses si on le veut et on se doit de saisir les occasions pour changer nos circonstances. Et compte tenu de notre situation actuelle, on se doit vraiment de changer certaines « habitudes » afin d’accéder à une vie meilleure. Sinon, on court à notre perte.

On ne peut pas toujours rester dans l’amateurisme surtout si l’on rêve de jouer dans la cour des grands ou tout simplement « vivre mieux ».

Pire, cette mentalité peut aussi nous pousser à accepter l’inacceptable comme les injustices et inégalités. On se contente des miettes que l’on nous donne et on essaie de prendre les choses comme elles arrivent au détriment de nos droits fondamentaux.

Être « relax » c’est bien, mais un peu de discipline et de rigueur ne nous fera pas de mal. Et c’est là que le Kaizen peut se révéler une des meilleures choses qui puissent nous arriver.

À suivre…Du Pays du Moramora au Kaizen (2e partie)

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