Archives mensuelles : juillet 2012

Madagascar – Etat fantoche? Vive l’indépendance et après…?

Indépendance Madagascar 26 Juin 1960

© Andreus « La liberté n’est rien d’autre qu’une chance de devenir meilleur. » Albert Camus

La quête de la liberté et de l’indépendance pousse tout un peuple à se révolter  et à s’indigner face aux injustices et oppressions de toutes sortes dont il fait l’objet. On se félicite de retrouver notre indépendance après 64 ans de colonisation française.  On en est fier mais 52 ans après, quel est le bilan pour Madagascar ? Quelle est la portée de cette indépendance ? Notre fierté nous suffira-t-elle à survivre à la pauvreté qui nous écrase et à faire face aux défis que le monde actuel nous impose? L’état actuel des choses est-il à la hauteur de nos espérances ce jour du 26 juin 1960 ? Quelles étaient les attentes du peuple Malgache au moment de sa délivrance et où en sont-elles aujourd’hui ?

Fierté nationale : fierté d’existence – mais dans quel état ?

Pour faire simple, indépendance veut dire libre de toute dépendance. Qui peut affirmer que Madagascar n’est pas dépendant ? Notre indépendance est censée vouloir dire que la nation Malgache s’administre elle-même sans dépendre d’une puissance extérieure, libre de choisir dans la manière de faire et de conduire la vie nationale.

On pourrait tenter de dire que dans une économie mondialisée toutes les nations du monde sont interdépendantes. Mais, les faits sont là. Nous n’avons pas encore les possibilités de nous gouverner par nos propres moyens et on ne peut pas subvenir à nos propres besoins. Et pour cause, 52 ans après notre indépendance, environ 50% du budget de l’Etat et 70% de nos investissements publics proviennent de l’extérieur.

Par ailleurs, le magazine Forbes (2011) a placé le pays en tête de sa liste des pires économies du monde. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2011) classe Madagascar parmi les trois pays les plus pauvres du monde à côté de l’Afghanistan et d’Haïti en matière de malnutrition et déscolarisation.

Il est de notoriété publique que la grande majorité de la population gagne moins d’1 dollar par jour : 75% vivent sous le seuil de pauvreté. En d’autres termes, les autres pays pauvres sont plus riches que nous ! Et pour couronner le tout (comme le malheur n’arrive jamais seul), Madagascar fait partie des 10 grandes destinations du tourisme sexuel en Afrique. Malheureusement, la liste n’est pas exhaustive mais le tableau est sans appel.

« Entre les États, il n’y a pas d’amitié, il n’y a que des intérêts.» Charles de Gaulle

Cette indépendance qu’on célèbre « fièrement » chaque année a plutôt mal commencé d’ailleurs car maquillée par un système néocolonial. Ce qui a conduit par la suite aux événements de 1972 et à la chute de la première République.

Dès lors, les guéguerres politiques ont occupé la première place dans le paysage post-indépendance et diverses crises politiques cycliques ont miné le potentiel de développent de la grande île. Ces jeux politiques et les différentes élections que le pays a connues semblent montrer notre indépendance mais il n’est pas rare non plus qu’on évoque (à tort ou à raison) la main invisible de la France derrière ces événements politiques.

A ce propos, il est souhaitable et considéré comme « normal » par nos politiciens d’avoir la « bénédiction » et la faveur de l’ancienne mère patrie pour pouvoir évoluer dans l’arène politique malgache, d’où l’importance d’être reçu par l’Élysée ou d’autres grandes institutions françaises : tout un symbole !

De ce fait, serions-nous étonnés si une grande partie de l’opinion publique malgache espère que la situation politique à Madagascar changerait après l’élection à la présidence de la France de François Hollande ? Et dire qu’on est en 2012 !

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