Insurrection Malgache : 7 Points de Réflexion pour la Commémoration du 29 Mars 1947

© Photo: Pierrot Men - "Portraits d'insurgés, Madagascar 1947"

© Photo: Pierrot Men – « Portraits d’insurgés, Madagascar 1947″         « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens. »

« Souviens-toi des jours d’antan, repassez les années de génération en génération… », tel devrait être l’esprit de la commémoration du 29 Mars 1947. Après 50 ans de colonisation française à Madagascar, le 29 Mars 1947 débutait une révolte, une des plus sanglantes de l’Histoire coloniale car une répression meurtrière s’ensuivait durant 21 mois et faisait 89.000 victimes.

Exécutions sommaires, incendies de villages, viols, tortures, emprisonnements et d’autres brutalités ont été la réponse de l’autorité française face à cette volonté malgache de se libérer du joug colonial.

Au-delà de la commémoration officielle, la journée devrait nous engager à réfléchir sur notre Histoire, à établir la vérité et à nous poser les bonnes questions face à notre destin national.

1. Le sens de l’Histoire

Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.

En tant que nation, il y a un temps où nous avons besoin de lever le nez du guidon et (re)donner du sens à ce que nous entreprenons. Facile à dire…

Le développement du pays est pris en otage par des intérêts égoïstes d’une minorité de nationaux et d’étrangers. Les Malgaches semblent être incapables de prendre le taureau par les cornes et s’engager une bonne fois pour toute vers un avenir meilleur. La frustration, la misère et le ras-le-bol semblent prendre le dessus au quotidien. Et pourtant, il est primordial de fixer un cap et retrouver une certaine énergie afin d’avancer.

La date du 29 Mars nous rappelle que des Malgaches se sont battus et ont décidé de prendre leur destin en main malgré toutes sortes d’injustices durant des années. Des sacrifices ont été faits par nos ainés afin que nous retrouvions la liberté et il est de notre devoir de prendre le relais afin qu’ils ne soient pas morts pour rien et que les générations futures puissent à leur tour profiter de nos actions présentes.

Quel est notre vision pour Madagascar ? Là où il n’y a pas de vision, les peuples périssent…

2. Tirer les leçons du passé

Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts

Selon Eugène Etienne (Président du groupe colonial à la chambre des députés en 1895), « La colonisation est nécessaire pour assurer l’avenir de notre pays dans les nouveaux continents, pour y réserver un débouché à nos marchandises et y trouver des matières premières pour nos industries. »

Il va sans dire que les intérêts que la France coloniale portait pour Madagascar a conduit à cette tragédie. On nous « aime » pour nos ressources naturelles. Et on continue à être un terrain de conflit entre les grandes puissances qui se livrent à une lutte d’influence.

La malédiction des ressources naturelles est à notre porte. Les luttes de pouvoir (à l’intérieur) et d’influence (de l’extérieur) risquent de déstabiliser Madagascar pour très longtemps. Les discours bien rodés par-ci et par-là camouflent des intérêts cachés qui risquent de diviser sévèrement la société malgache.

Serons-nous à nouveau des victimes collatérales des agissements de divers groupes d’intérêts ou bien saurons-nous tirer profit de ce monde multipolaire ?

3. Dénoncer le double langage politique et diplomatique

Il faut dire que suivant les intérêts en jeu et la propagande défendue, les politiciens et autres groupes d’intérêts sont devenus maîtres dans l’art des deux poids deux mesures. Et le traitement des informations concernant les événements de 1947 – 1948 n’échappe pas à la règle.

Les combattants de la liberté à Madagascar sont présentés comme de vulgaires rebelles, des ingrats, des fauteurs de troubles qui gâchent la « mission civilisatrice » instaurée 50 ans auparavant. Et durant la même période, en France – sous l’occupation de l’Allemagne nazie – la Résistance des citoyens français (des combattants de la liberté) est présentée comme « des combats menés au nom de la liberté de la patrie et de la dignité humaine ».

A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 6.000 soldats malgaches sont revenus au pays après avoir combattu le nazisme et ses brutalités et libérer la France de l’occupation de l’Allemagne nazie mais ils devaient retrouver et accepter le colonialisme français et ses atrocités à Madagascar.

Le 6 Avril 1951, François Mitterrand (Président de la République Française, 1981-95) ancien résistant et alors Ministre de la France d’outre-mer déclarait: « Je me déclare solidaire de celui de mes prédécesseurs sous l’autorité duquel se trouvait Monsieur de Chevigné quand il était haut commissaire. Les statistiques manquent de précision mais il semble que le nombre de victimes n’ait pas dépassé 15.000. C’est beaucoup trop encore, mais à qui la faute si ce n’est aux instigateurs et aux chefs de la rébellion. »

Imaginons un instant qu’un ministre allemand d’après-guerre tienne ce genre de propos sur la Résistance française ? Cela n’aurait pas été toléré…

4. Revisiter l’esprit patriotique malgache

Si le patriotisme devait être le moteur qui nous pousse à défendre nos intérêts nationaux et à se soucier du bien être de nos compatriotes, le mot est galvaudé par les politiciens. Pour justifier leur mauvaise foi et gagner des gens à leurs causes, ils mettent en avant leur soi-disant « amour » pour la terre des ancêtres.

Le sentiment d’appartenance au pays et le courage de se lever pour défendre nos intérêts doivent toujours animer chaque Malgache. On a été trop longtemps divisé par les causes politiques politiciennes. Il est plus que temps que nous prenions des mesures sérieuses afin d’instaurer une vraie politique de développement, une vraie justice et combattre les inégalités qui sont en train de nous mettre à genoux.

Tout le monde est patriote dans les propos mais Madagascar a besoin de patriotes dans les faits.

5. Honorer la mémoire des victimes

De toutes les commémorations malgaches, celle du 29 Mars 1947 est la seule qui nous renvoie à toute la période sombre de l’époque coloniale. Et pourtant, dés les premiers jours de la conquête française, des Malgaches sont morts, torturés ou humiliés car ils voulaient défendre leur patrie. Cette date nous relie à tous ces gens qui ont perdu leur vie et ont souffert parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.

En effet, on ne parle souvent que des 89.000 victimes des événements de 1947 – 1948 et pourtant dés les premières heures de sa tristement célèbre “pacification”, le Général Joseph Gallieni a fait des ravages : 700.000 Malgaches sont tués en 8 ans, sur une population de 3 Millions.

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Népotisme et Corruption: Ingrédients de la Justice Populaire à Madagascar

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Mis à jour le 28 Février 2015

La justice populaire a toujours existé à Madagascar. C’est le résultat du dysfonctionnement de la justice, de la corruption généralisée et donc de la perte de confiance envers les autorités policière et judiciaire du pays.

Franchement, quel citoyen a encore confiance en l’appareil judiciaire malgache ? Les « innocents » risquent d’être condamnés à tort s’ils n’ont pas assez de « moyens » pour faire valoir leur cause. Les « coupables » ont l’espoir qu’il y aura toujours moyens d’en sortir « intacts » malgré leurs méfaits du moment d’avoir ce qu’il faut là où il faut. Est-ce une simple perception ou tout simplement la triste vérité ?

Avant de juger, il faut comprendre

Si la justice populaire a toujours existé à Madagascar, cette pratique « primaire » a pris une autre ampleur lorsque 2 ressortissants français ont été victimes de lynchage à Nosy Be en 2013. L’opinion publique internationale – notamment française – a été abasourdie par cet événement et stupéfaite par la « barbarie » des Malgaches. Et comme d’habitude, il a fallu que l’ambassade de France tape du poing sur la table pour que les responsables agissent avec empressement afin de prendre les mesures adéquates. Pathétique mais normal pour un État fantoche !

N’en déplaisent aux autorités concernées, les faits nous rappellent au quotidien que les forces de l’ordre et les hommes (et femmes) de loi ont perdu toute légitimité auprès de la population.

Le rapport d’activités du Centre d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne (CAJAC) précise que la gendarmerie est le secteur le plus corrompu à Madagascar, le tribunal vient en deuxième position et la police nationale (en quatrième place).

Les Malgaches sont fatigués par les injustices qu’ils subissent journalièrement, les gens sont frustrés quand ils constatent que les cerveaux de crimes et trafics en tout genre courent toujours les rues sans s’en inquiéter. Les simples citoyens sont dégoutés de voir les forces de l’ordre et autres hommes de loi qui exploitent leur pouvoir pour arriver à leurs propres fins.

Les forces de l’ordre et les malfrats rivalisent dans leurs méfaits et alternent la Une des journaux. Des bandits à col blanc, cerveaux de toutes sortes d’opérations mafieuses se pavanent et respirent une certaine arrogance car ils se considèrent intouchables grâce à leurs pouvoirs et relations. D’autres sont relâchés « sans motif clair » par les autorités et risquent d’exercer des représailles.

Pendant tout ce temps, les députés (pouvoir législatif) qui sont censés représenter le peuple et mettre de l’ordre dans tout cela démontrent malheureusement – au vu et su de tous – leur indifférence et égoïsme avérés. Il n’y a pas un jour où l’on n’assiste pas à des revendications qui vont dans le sens de leurs intérêts personnels : salaires et autres avantages qui dépassent l’entendement.

La justice populaire est la manifestation de cette colère et frustration. Les gens sont dépouillés de leur dignité, ils n’ont plus de repère moral, ils perdent le sens de la discipline et de la justice tellement toutes ces valeurs sont piétinées en premier par ceux qui doivent les respecter.

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Feno Olona Mafy Be Eto Madagasikara

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Ny Mahery Tsy Maody Tsy Ela Velona

Zava-misy hiaraha-mahalala, tsetsatsetsa tsy aritra ihany no zaraina amintsika androany. Ilay fahantrana lava sy fitiavana te hisongadina tampoka ve sa inona loatra re no manjo antsika fa mitombo andro aman’alina izao ny olona “mafy be” eto amin’ny tanàna. Betsaka amin’izy ireo no tsy fantatra ny momba azy. Tsy hay hoe tamin’ny fomba ahoana na tamin’ny fotoana nanao ahoana (na dia azoazo an-tsaina ihany aza) no nahatonga azy ireny ho mafy be tampoka tao fa dia aza sendra azy ihany aloha fa dia sahirana. Raha tsy angaha hoe olona mafy be ihany koa ny tena dia mifampitana eo. Tantara mety efa faheno na niantra taminao na tamin’olom-pantatra no ho tantaraina fohy eto.

Tsy fantratr’ialahy angaha ‘zaho…?

Tranga nahazo olom-pantatra iray no nampitsiry ny hevitra hitantara azy eto. Teny amin’ny faritry Tsimbazaza (Antananarivo) iny no niseho ny tantara.

Fanao eto amin’ny tanàna moa ity mifampisisika ity, mamoaka tanana kely mangata-dalana no sady mandroso ihany rehefa mitohana izay ny fifamoivozana. Ka dia nanaraka izany fomban-tany izany ity Ranamana ity ka nisisika nampandroso ny fiarany…Nidiran’andro anefa Ranamana satria sendran’ny olona tsy nahatsindry fo. Tezitra sy nisafoaka avy hatrany ary ilay mpamily ka nivoaka no sady nivazavaza tamin-dRanamana hoe: “Tsy fantatr’ialahy angaha ‘zaho…?”

Tonga dia vantanina ny resaka fa tsy fantatry Ranamana mihitsy ilay mpamily satria na ny fiara nentiny na ny fiakanjo sivily nanaovany na ny endriny dia tsy misy marika manambara hahafahana milaza hoe olona tokony ho fantatry ny Malagasy 22 Tapitrisa avy hatrany ity rangahy nivatravatra be ity.

Ilay Ranamana nisisika (nahatsiaro ho diso) moa dia tsy nahavaly firy fa sady taitra tampoka no haingana be taminy ny fandehan’ny raharaha – izy rahateo olona tia mandamindamina izay no tsy “mafy be”. Ny azo ambara dia nivonto fo anaty fotsiny Ranamana satria sady menatra nohon’ny tabataba no naratra anaty fa voatevateva eny imason’olona kanefa mba olon-dehibe ihany. Voan’ny tampoka tsy maha-lehilahy.

Nony nandeha ny resaka dia fantatra fa toa hoe mpamily sy mpanara-dia (escorte) olona manam-pahefana ambony eto amin’ny firenena hono ity zalahy tonga fofona be ity. Lire la suite


Zanak’Antitra sa Zaza Mahiratra?

© MorgueFile "Ny ankizy afafy androany no olon-dehibe jinjaina rahampitso" Gasy Impact

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« Ny ankizy afafy androany no olon-dehibe hojinjaina rahampitso » Gasy Impact

Azo tsorina angamba hoe ny toerana omena ny ankizy sy ny famolavolana azy ankehitriny no hamaritra ny endriky ny firenena iray afaka taona vitsivitsy. Ka tsy ny zaza androany ve moa no ho olon-dehibe rahampitso sy rahatrizay? Zaza nanao ahoana loatra ny lehibe ankehitriny no dia sahala amin’izao ny fiainam-pirenena misy antsika? Ary Malagasy manao ahoana no handova an’i Madagasikara rahampitso?

Lasa ihany ny saina indraindray rehefa manao fampitahana tsotsotra ny zaza Malagasy amin’ny zana-bazaha rehefa hanaovan’ny mpanao gazety “interview”. Raha hapetraka ohatra ny fanontaniana hoe: “Nanao inona ianareo androany tany am-pianarana?” dia tsy vitsy ny zaza Malagasy no hanao famaliana karazan’ny hoe: “Nianatra…” na hoe “Nilalao…”.

Raha rohitina ny fanontaniana hoe: “Dia nanao ahoana ny tany?” dia mety ho tsotra koa ny valiny hoe: “Nahafinaritra…”. Izay ihany dia mety ho vita ny kabary.

Fa ny zana-bazaha kosa amin’ny ankapobeny dia tsy mihafahafa mitantara sy manome antsipirian-kevitra ary mamboraka ny ao am-pony. Ny sasany aza milaza ny tsy anontaniana azy akory indraindray.

Fehiny: toa sahala amin’ny miolakolaka sy voafehifehy tsy misokatra tsara izany ny zaza Malagasy amin’ny ankapobeny.

Manana tontolo mendrika mampivela-tsaina ve ny zaza Malagasy?

Azo lazaina avy hatrany anefa fa tsy hoe akory mahiratra kokoa ny zana-bazaha raha oharina amin’ny zaza Malagasy fa ny fomba fanabeazana sy ny toerana omena azy ireo no tsy mitovy.

Ny an’ny vahiny, mbola kely ny ankizy dia ampianarina hiaro sy hijoro amin’ny maha-izy azy. Hamporisihana ny zaza handray andraikitra sy haneho ny heviny. Omena azy ny fahalalana ilainy mba ahafahany manana fahamatorana hiatrika ny tontolo manodidina azy.

Eto amintsika ny ankizy matotra mandray andraikitra sy maneho hevitra dia zanak’antitra no fiantso azy. Toa mampihomehy sy mampalahelo izany no andraisan’ny maro azy.

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Indépendance Madagascar: illusion et désenchantement (1ère partie)

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Le 1er Octobre 1895, Madagascar est placé sous protectorat français. Le 06 Août 1896, le pays ainsi que les îles qui y sont rattachées (les Iles Eparses) sont proclamés colonie française. Après des années d’oppressions et de révoltes, Madagascar est devenu “officiellement” indépendant le 26 Juin 1960 mais dépouillé au passage des îles malgaches reconnues par l’ONU. L’illusion est de croire qu’après cette date mémorable – jour de la proclamation du retour de l’indépendance – Madagascar serait totalement libre de toute influence et ingérence étrangère – et notamment de la France maîtresse des lieux durant 64 ans.

On peut imaginer l’effervescence, et la joie des simples citoyens malgaches – après des années d’asservissements et d’humiliations – libérés du joug de la colonisation. L’espoir et les rêves les plus fous semblaient à portée de mains. Les Malgaches se disaient qu’enfin ils allaient être les seuls maîtres de leur destin et croqués la vie à pleines dents. Echapper ainsi à l’influence et l’emprise de la France coloniale, voire se mettre au même niveau d’égalité en tant que pays souverain. Mais la réalité nous rappelle que ce n’est pas tout simplement le cas.

Souveraineté: mot “placebot” pour calmer les esprits?

« Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation , et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. » Amchel Mayer Rothschild

Ce n’est un secret pour personne que le budget de l’Etat malgache est sous perfusion des aides – multilatérales et bilatérales – étrangères pour pouvoir à peu près fonctionner. Ce qui explique l’influence de la “communauté internationale” sur la vie de la Grande Ile et explique la raison pour laquelle sans ses “consentement et bénédiction” à nos programmes de développement, le pays ne peut presque rien faire. Il ne faut pas s’étonner si les politiciens se sentent plus redevables aux “sponsors étrangers” qu’à la population qui s’est habituée à la déception. Ce qui fait de Madagascar un Etat fantoche par excellence.

A cet effet, il est inutile de rappeller le poids de la France au sein de cette communauté internationale en ce qui concerne les affaires touchant ses “anciennes” colonies. Malgré toutes les déclarations et annonces faites dans le cadre de l’indépendance de Madagascar vis-à-vis de la France. Il faut reconnaitre qu’elle a toujours su jouer un rôle de premier ordre dans le pays. Sa mainmise – tant politique qu’économique – pèse sur la vie des Malgaches. Et la France saura défendre sa chasse gardée dans les années à venir.

De toutes les façons, pourquoi la France changerait son ambition sur Madagascar vu que si elle “lâche” ses intérêts malgaches, d’autres prétendants sont déjà à nos portes avec les mêmes objectifs. Dans ce monde de la jungle, tout le monde rêve d’obtenir les morceaux de premier choix.

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Madagascar 29 Mars 1947: Qui sont les responsables de ce massacre qui déshonore la France?

Photo issue de l'exposition "Les insurges de Madagascar" Pierrot Men

Photo issue de l’exposition « Portrait d’insurgés, Madagascar 1947″  © Pierrot Men

Oradour-sur-Glane (France), le 10 Juin 1944, la 2e division allemande la Waffen SS das Reich entre dans le village et massacre 642 personnes dont 205 enfants. Les historiens ont pris comme référence cette terrible tragédie de la seconde guerre mondiale pour décrire les massacres et répressions coloniales qui se sont déroulés à Madagascar entre 1947 et 1948 – notamment dans le village de Moramanga d’où l’appellation l’Oradour malgache.

Ces événements sont tous les deux d’une atrocité insoutenable qui montrent la cruauté et la barbarie humaines. Ils marqueront à jamais la mémoire collective des pays victimes. Par ailleurs, ces crimes contre l’humanité ont été commis par des occupants indésirables, des envahisseurs sans états d’âmes qui imposaient leurs règles afin qu’ un pays tout entier reste sous leur joug.

Certes, la dureté de la vie fait qu’on est submergé par d’autres préoccupations qui font qu’on a pas forcément  la tête à commémorer le passé.  Mais pour toutes ces raisons précitées, la commémoration du 29 Mars 1947 ne devrait jamais être considérée comme juste un jour férié « ordinaire ». C’est un moment de recueillement, de respect de la vie, en mémoire des innocents et de faire face à la vérité.

Non seulement, la commémoration a une portée historique mais aussi une dimension pédagogique afin de tirer les leçons du passé (ce qui n’est pas  toujours garantie!). En effet, nous avons tendance à avoir la mémoire courte ou sélective.

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Les îles Eparses: Les Malgaches ont-ils Peur de Revendiquer leurs Propres îles à la France?

Les Iles Eparses - Carte sea-seek.com

Les Iles Eparses – Carte © sea-seek.com

Les îles Eparses sont constituées des îles Glorieuses, Juan de Nova, Bassas da India, Europa et Tromelin. Elles sont placées sous l’autorité de l’administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) basé à Saint-Pierre de l’île de la Réunion.

Ces îles font l’objet de revendications territoriales de la part de Madagascar pour Bassas da India, Europa, les îles Glorieuses et l’île Juan de Nova. Les Comores revendiquent aussi les îles Glorieuses et l’île Maurice revendique Tromelin.

La France avait pris possession de ces îles après la colonisation de Madagascar en 1896 mais elles sont restées françaises après l’indépendance de la Grande Ile. Le statut de ces îles a évolué auprès des autorités françaises. En effet, selon l’article 14 de la loi n° 2007-224 du 21 Février 2007, elles constituent le cinquième district de la collectivité d’outre-mer de la France. Ces îles ne font pas partie de l’Union Européenne et le droit s’y appliquant est celui des TAAF.

Malgré l’évolution de leur statut au niveau des autorités françaises, la souveraineté française n’est pas universellement reconnue sinon cela se saurait et personne ne tenterait d’affirmer le contraire – encore moins les Malgaches.

En effet, qui oserait réclamer ces îles si cette revendication n’est pas fondée? On ne réclame ni la Corse ni l’île de la Réunion. On réclame des îles qui se trouvent à 150 Km à l’Ouest de la Grande Ile (même pas le trajet Antananarivo – Antsirabe) pour  ce qui est de l’île Juan de Nova.

Si cela ne tenait qu’au citoyen Malgache lambda, réclamer ces îles sur le champs serait dans l’ordre des choses. Il serait tout a fait naturel et légal donc normal de réclamer ce qui nous appartient. Malheureusement, les choses ne sont pas toujours “normales” dans cet environnement anarchique des relations internationales.

Si la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) semble être de notre côté. La “Grandeur” d’un pays et la puissance qui va avec ne sont pas dans notre camps.

Qui veut aller loin ménage…la France

Il va sans dire que ce sont les politiciens malgaches qui ne veulent pas trop aborder le fond du sujet. Chose tout a fait compréhensible même si c’est agaçant.

“Qui veut aller loin ménage sa monture” dit le proverbe. A Madagascar, dans le milieu politique, on dit “Qui veut aller loin ménage la communauté internationale mais surtout – et surtout la France.”

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Ambopo-pirenena: Olona Mahavita Azy Ve Ny Malagasy

© Morgue File  Samy Mijinja Izay Afafiny ny  Tsirairay

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Samy Mijinja Izay Afafiny ny Tsirairay

Aiza ny loharano mampiboiboika ny ambopon’ny Malagasy? Inona no fototra ijoroan’ny fireharehana maha-Malagasy? Ny lazan’ny hatsaran’ny Nositsika ve? Ireo karazana zavaboary tsy misy afa-tsy eto Madagasikara ve? Ny kolotsaina sy ny Soatoavina maha-Malagasy ve?

Na firenena mahantra na manankarena, na firenena matanjaka na marefo, na firenena “misy hapoaka” na tsia dia azo lazaina fa samy mirehareha ny amin’ny maha-izy azy avy satria tsy misy olona na firenena afaka handa ny tenany.

Izany rahateo no maha-zava-dehibe ny fahaleovantena izay saro-pady loatra eo amin’ny firenena rehetra satria ny fananana an’izany no entina mampiseho fa mahavita tena ary afaka mivoatra sy mandroso amin’ny herin’ny tenany fa tsy miantehatra amin’ny hafa ny tsirairay.

Eo amin’ny fiarovana sy fanandratana an’izany ambopo-pirenena izany no tsy mampitovy ny rehetra. Ao ny maneho izany amin’ny fahombiazana ara-ekonomika, ao ny mampiseho izany amin’ny fahombiazana ara-panatanjahantena, ao ny maneho izany amin’ny tanjaky ny tafika misy eo aminy, ao ny mirehareha amin`ny fananana manam-pahaizana maro malaza eran-tany, ets.

Isika Malagasy kosa mba aiza?

Ny maha-izy ny tena dia tokony tsy mijanona ho vetsovetso-po fotsiny ihany fa tokony hita taratra amin’ny vokatra sy zava-bita izay mampiseho ny fahaiza-manao sy fahafahana mitondra fivoarana eo amin’ny firenena misy ny tena.

Ohatra:

Ambopo sy rehareha-pirenena no nahatonga an’i Qatar nanao izay tratry ny ainy mba hahazoany mikarakara ny “Coupe du Monde” amin’ny lalao baolina kitra, amin’ny taona 2022. Hanehoany fa firenena mahavita manomana lalao goavana sy mendrika ary firenena mahavita mitsinjo sahady ny hoaviny aorian’izay fotoana mety hahalany ny solika vokariny izy.

Ambopo-pirenena no mahatonga ny firenena Indianina nandefa ny sambon-danitra madinika “Mangalyaan” (Mars Orbiter) hamonjy ny planeta “Mars” mba hanehoany fa firenena mahavita azy sahala amin’ny firenena mandroso hafa i Inde. Etazonia, Eoropa ary Rosia irery ihany no firenena nahavita an’izay hatreto ary reherahan’ny vahoaka Indianina indrindra izany satria mampiseho ny fahafehezany ny teknika avo-lenta tsy mila fanampian’ny firenen-kafa.

Ambopo-pirenena no mahatonga ny firenen-dehibe tsy manaiky ho lembenana ka mampiaka-peo sy mandon-databatra ary maneho hery raha mahatsiaro izy ireo fa voatohatohana ny tombotsoany sy ny fiandrianam-pireneny.

Betsaka ny kihana azo lazaina mikasika an’izany fanehoana ambopo-pirenena izany kanefa koa dia ilaina ny manamarika fa angovo sy antoka mitarika fandrosoana ho an’ny firenena koa izany.

Isika Malagasy kosa manao ahoana?

Raha tsy hijery akory ny anjara-toerana misy an’i Madagasikara eo amin’ny fiainana iraisam-pirenena aza isika fa ny zavatra misy eto an-tanàna fotsiny ihany.

1. Ara-politika: Firy taona izao no fitiavan-tseza sy fitiavan-tena no nanimbantsika ny tontolo-politika misy antsika. Tsy vitan’ny tenantsika irery ny mandamina ny olana sy mitondra fampandrosoana eto amin’ny tanintsika. Mila miditra ny firenena vahiny vao mahita endrikendri-pivoarana i Madagasikara. Ny fampandehanan-draharaha ara-panjakana rahateo dia miankina tanteraka amin’ny vola fanampiana avy any ivelany.

2. Ara-ekonomika: Impiry isika no maheno ny mpandraharaha Malagasy izay mitarain-dava fa ny entana avy any ivelany sy ny mpandraharaha vahiny no manjaka eo amin’ny tsena Malagasy? Azo lazaina fa eo am-pelantanan’ny mpanambola vahiny tanteraka ny fiainana ara-ekonomikan’i Madagasikara.

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Thérapie de Choc à Madagascar : Ces Fripouilles qui Veulent nous Gouverner

© Rgbstock  Politique. Lutte d'intérêts déguisés en débat de grands principes. Conduite d'affaires publiques pour un avantage privé. Ambrose Gwinnett Bierce

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Politique. Lutte d’intérêts déguisés en débat de grands principes. Conduite d’affaires publiques pour un avantage privé. (Ambrose Gwinnett Bierce)

Serions-nous encore et toujours à la merci de ces individus qui utilisent la politique comme moyen afin de réaliser leurs propres désirs et plaisirs personnels? Dans quel état d’esprit se trouvent les Malgaches ces temps-ci? Connaissez-vous Naomi Klein et son essai remarquable “Stratégie de Choc, la Montée d’un Capitalisme du Désastre”?

Naomi Klein – journaliste, écrivain et militante altermondialiste canadienne – illustre bien dans ce livre comment des individus égoïstes et dépourvus de sens moral exploitent voire enclenchent des événements en vue d’en profiter – tirer le maximum de profit pour leurs petites personnes et leurs copains d’affaires. Elle prend des exemples concrets qui se sont déroulés un peu partout dans le monde ces dernières décennies. Ce livre démontre bien jusqu’où la cupidité, l’égoïsme et l’arrogance humaine peuvent pousser des individus à vendre leurs âmes et faire périr le reste de la population dans une misère qu’ils regardent de haut dans leur indifférence.

Comment se déroule une Thérapie de Choc dans un pays?

Naomi Klein explique que de telle « thérapie » est basée sur des expériences pratiquées sur des “cobayes” (Projet MK Ultra du Dr. Ewen Cameron et repris dans le manuel Kubark de la CIA). On administre des électrochocs et des tranquillisants au patient afin de le “déstructurer” et lui effacer la mémoire en vue de […faire régresser l’esprit vers un état où il était comme une tablette où il n’est rien d’écrit (tabula rasa)”…] en d’autres termes “créer une page blanche” sur laquelle va se construire une nouvelle identité ou de nouveaux modèles de comportement.

D’après la théorie, on pourrait arriver au même résultat pour tout un pays à travers des événements bouleversants majeurs (ex: Catastrophes naturelles, coups d’État, attentats terroristes, crises économiques, répressions à grande échelle, etc.) qui secoueraient et traumatiseraient la conscience collective de la population cible.

Dans son livre, elle donne des exemples d’état de choc dans lequel se trouvaient des pays et comment des individus en ont profité pour réaliser leurs agendas personnels, comme ce fut le cas aux États-Unis avec le 11 Septembre et l’ouragan Katrina, l’Asie du Sud-Est avec le Tsunami, le Chili (sous Pinochet), l’Indonésie (sous Suharto) et leurs coups d’État et les violences qui s’en sont suivies mais aussi la guerre en Irak où cette stratégie a été appliquée dans les règles de l’art.

Les événements pourraient être « provoqués » ou le résultat de circonstances “naturelles” mais les tenants et les aboutissants sont pareils car des individus malintentionnés se préparent à saisir le « bon moment » c’est à dire lorsque tout le monde est encore sous le choc des événements – pour faire passer des lois ou pour réaliser des projets qui ne se feront jamais en temps normal.

Thérapie de Choc pour les Malgaches?

Est-ce que la thérapie de choc a été (est) appliquée à Madagascar? On ne va pas s’aventurer à affirmer son application. Chacun fera sa propre analyse et interprétation des événements.

Néanmoins, force est de constater qu’une grande partie des Malgaches est dans le même état de choc que la population des pays à qui on a infligé cette thérapie machiavélique: désespérés et désorientés, les gens sont fatigués par le climat (pourri) politique, angoissés par l’incertitude des lendemains qui déchantent, traumatisés par l’insécurité, aigris par la pauvreté croissante. Et l’économie de Madagascar ressemble à l’économie des pays en guerre.

La crise actuelle est rythmée par plusieurs événements majeurs qui ont secoué les esprits et qui sont passés en boucle dans les médias et réseaux sociaux.  A commencer par le fameux “Black Monday” du 26 janvier 2009. Ce jour où des établissements de la capitale faisaient l’objet d’incendie et de pillage à grande échelle comme on a jamais vu. L’absence totale des forces de l’ordre durant l’événement a aggravé la propagation des pillages à divers endroits et a fait tomber la ville dans un état psychologique intense.

Le massacre des manifestants du 07 Février 2009, la prise de pouvoir soutenue par l’armée le 17 Mars 2009 et les affrontements entre les opposants et les tenants du pouvoir font partie des images fortes de cette crise. La violence des arrestations et les interventions des forces de l’ordre pour “calmer” les opposants sont dans l’esprit. Et pour la première fois, voit le jour à Madagascar un soit-disant “terrorisme intérieur” à travers des attentats à la « bombe artisanale » qui porte bien son nom.

Par ailleurs, la détérioration de la vie politique a donné libre cours à la dégradation de la vie sociale et la recrudescence de l’insécurité. Les faits divers deviennent les préoccupations principales de tout un chacun. L’exposition à des images violentes dignes des films d’épouvante est devenue courant.

Chacun peut continuer sa liste mais une chose est certaine: dans notre esprit, on n’est plus le même. Quelque chose s’est brisé.

La population résignée est arrivée à “accepter” et ne fait que regarder des choses qu’elle désapprouve en silence: enrichissement personnel des responsables corrompus, changement de certains textes de lois, trafic de bois de roses au vu et au su de tous sans que personne n’ose bouger le petit doigt, pillage et braderie des autres richesses nationales, etc.

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Les Malgaches se laissent-ils impressionner par les Vazaha? (1ère partie)

© Dmitriy Melnikov  Dreamstime

© Dmitriy Melnikov Dreamstime

Nous allons aborder dans les prochains billets un thème récurrent qui affecte tous les domaines d’activités à Madagascar: le rapport des Malgaches avec les diverses communautés étrangères au pays. Ce thème pourrait se résumer par cette expression: « Dis-moi comment tu te comportes avec les étrangers et je te dirai à quelle société tu appartiens. » La légendaire hospitalité malgache ne cache-t-elle pas une soumission latente envers les étrangers?  Quelle emprise les Vazaha ont-ils sur les Malgaches? Serait-il exagéré d’affirmer que les Malgaches ont tendance à se dévaloriser devant les étrangers? Serait-il faux de proclamer que nous avons un sérieux problème d’estime de soi qui mérite d’être (re)travaillé?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de définir ce que l’on entend par « Vazaha », notamment pour les « non-initiés ».

Allô Vazaha, Salut Vazaha

Pour aller droit au but, Vazaha signifie étranger. C’est un terme du langage courant utilisé par les Malgaches pour désigner les non-Malgaches.

Cela peut paraitre “bizarre” voire choquant pour certains Vazaha de se faire interpeller: « Hey Vazaha! » dans la rue – par des enfants voire des adultes. Imaginez-vous vous faire crier par des inconnus: « Hey, l’étranger! » dans une ville quelconque dans le monde. Cela pourrait gêner plus d’un et cela pourrait être tout sauf rassurant.  Mais dans le contexte malgache, ce mot n’est ni péjoratif ni inamical. Ces “interpellations” sont – dans la majorité des cas – plus motivées par la curiosité assortie de taquinerie donc rien de bien méchant…normalement (à moins que vous vous trouviez au mauvais endroit au mauvais moment).

Il faut aussi préciser que dans l’usage, le mot Vazaha a évolué avec le temps. Si la définition de base est toujours d’actualité. Le mot s’est focalisé notamment sur les individus de type caucasien – en d’autres termes les « Blancs« . Il arrive d’ailleurs que des Malgaches au teint clair soient surnommés Vazaha par leur entourage.

Par ailleurs, dans la conscience collective malgache, le terme Vazaha constitue presque tout un “Concept” et est très souvent associé à tout ce qui est idéal, de qualité supérieure, de situation meilleure ou au progrès en général. On dirait que tout ce qui touche le Vazaha est mis sur un piédestal. Et a l’opposé, existe le concept “Vita Gasy” (fabrication malgache) qui est synonyme de médiocrité.

Cela va sans dire que cet “univers Vazaha” semble être inaccessible par la masse. D’autant plus que la TV et les autres médias influencent la majorité sur l’image idyllique qu’on a des Vazaha que tout le monde ne côtoie pas dans la vraie vie.

Tout cela pourrait expliquer en grande partie cette “fascination” des Malgaches envers les étrangers.

L’important, ce n’est pas ce que l’on était mais ce qu’on voulait être

En général, les Malgaches sont hospitaliers et pacifiques envers les Vazaha mais il n’est pas faux non plus d’affirmer que la grande majorité des Malgaches a tendance à s’effacer voire à se dévaloriser devant les étrangers. Et toutes les classes sociales sont concernées par cet état des choses même ceux parmi les élites.

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Protégé : Kolontsaina sy Fanagasiana: Mifohaza ry Akademia Malagasy

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Protégé : Tourisme – Destination Madagascar: La publicité ne peut vendre que ce qui est vendable

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Protégé : Indépendance Madagascar: illusion et désenchantement (2e partie)

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