L’Intelligentsia Malgache a-t-elle la Capacité à Produire de la Prospérité à Madagascar?

© Photoroller Dreamstime

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Il est des choses difficile à comprendre comme le fait qu’un pays puisse regorger de toutes sortes de ressources naturelles surabondantes et convoitées par le monde entier et pourtant il fait partie des pays les plus pauvres au monde. Cela s’appelle le “paradoxe malgache”.

 Madagascar manque de moyens (financiers et infrastructures) pour faire avancer le pays mais quid des intellectuels malgaches? Les malgaches sont-ils incapables de transformer le potentiel de Madagascar en une réussite socio-économique? Sommes-nous dépourvus d’intelligence et de savoir-faire pour créer de la richesse au pays? Ces questions sont certes provocantes mais elles méritent d’être posées objectivement et visent à nous remettre en question. 

On ne vit pas à Madagascar, on y survit

Un Madagascar prospère serait un pays ou règne une certaine stabilité politique, où la croissance économique est au rendez-vous, où chaque malgache pourrait vivre dans un environnement qui donne la priorité au bien-être humain en termes de qualité de vie (santé, éducation, travail, sécurité, etc.) Tout le monde ne serait pas forcément milliardaire mais chacun pourrait vivre décemment selon ses ambitions et son projet de vie.

Dans l’état actuel des choses, les faits parlent d’eux-memes. Selon le Pnud et l’Instat, Madagascar ne pourra pas atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Lu dans NewsMada du 22 Avril 2013, (…) la pauvreté s’est aggravée entre 2005 et 2010, plus de la moitié de la population malgache vit encore dans l’extrême pauvreté et plus de trois ménages sur dix sont en situation d’insécurité alimentaire. Seuls trois élèves malgaches sur dix inscrits en début du cycle primaire peuvent le terminer. Seuls 55,8% des enfants de moins de 5 ans ont reçu la série complète des vaccins requis pour la protection de leur santé. Chaque jour, dix femmes meurent des suites de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. 

Seuls 45% de Malgaches ont accès à l’eau potable et 52% de la population ne dispose pas de toilettes adéquates. Par ailleurs, 21,6% de la forêt malgache est menacée de déforestation. (…)

Devons-nous accepter de subir cela à longueur d’année?

Si tout est politique, la politique n’est pas tout

Ce n’est pas faux d’affirmer que le pouvoir économique n’est pas entre les mains des élites malgaches. Nous avons “officiellememt” le pouvoir politique mais son état laisse à désirer. S’il y a un domaine où l’on excelle, c’est dans l’art de perpétuer les crises politiques et trainer durant des années les guégueres politiques politiciennes.

On continue à dépenser du temps et de l’argent à organizer toutes sortes de réunions afin de “réconcilier” nos politiciens et soit-disant trouver la bonne voie “politique” pour le pays. Pourquoi ne ferons-nous pas autant avec les techniciens locaux et intellectuels de tout bord pour déterminer une bonne fois pour toute un vrai projet de société qui rassemblerait toutes les forces vives du pays? Tout le monde (y compris les politiciens) devrait travailler dans le cadre de ce type de projet national au lieu de partir en vrille.

Jusqu’à quand les sautes d’humeur des politiciens imposeraient-elles le rythme de développement à Madagascar?

Mais la question demeure, les intellectuels malgaches ont-ils la capacité à élaborer une vision claire et à gérer de vrais projets de développement?

Par exemple, le riz est notre alimentation de base, une denrée vitale pour la population malgache mais jusqu’à présent nous sommes incapables de maîtriser sa production afin de satisfaire la consommation locale. C’est le genre de domaine stratégique qui montre l’échec de l’idée que l’on se fait du développement et pourtant combien d’ingénieurs agronomes le pays possède-t-il?

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Madagascar 29 Mars 1947: Quand les Intérêts de la France concourent à la Perte des Malgaches

© Couverture du livre de Jean-Luc Raharimanana, Madagascar 1947, paru en 2007.

© Couverture du livre de Jean-Luc Raharimanana, Madagascar 1947, paru en 2007.

La brutalité de la répression de l’insurrection malgache de 1947 par l’armée française est telle que cette période noire de Madagascar marquera à jamais l’histoire du pays. Certains historiens qualifient même d’Oradour Malgache le massacre commis à Moramanga à l’époque.

En cette journée du 29 Mars, on se rappelle des vies d’innocents  et de gens qui avaient soifs de liberté qu’on leur avait détroussée. C’est une journée où l’on doit se souvenir des 89.000 morts et de leurs contemporains qui avaient vécu dans la peur et la souffrance sous le joug de la colonisation. Quel homme ne se souleverait pas si on lui ôte ses droits et libertés? Quel pays ne résisterait pas si une occupation étrangère lui inflige des humiliations et injustices?

Sous la colonisation, les malgaches avaient surement compris que " La liberté ne se donne pas, on la prend." Mais la France ne l’entendait pas de cette oreille car pour elle l’independance ne s’arrache pas, elle s’octroie.

Le malheur des uns fait la bonne fortune des autres

Le destin de Madagascar et de l’Afrique a été scellé par la signature du traité de Berlin de 1885. Les pays signataires: l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède et l’Empire ottoman (Bref, la communauté internationale de l’époque) et notamment les puissances européennes établissaient les règles de partage et d’occupation des terres d’Afrique – bien entendu sans concertation avec les premiers concernés: les Africains.

Ils voulaient s’assurer le contrôle des ressources naturelles et des habitants. En contrepartie, ils s’engageaient à se préoccuper du “bien-être moral et matériel des populations indigènes”  – en d’autres termes: apporter la “civilisation”.

Pour résumer l’esprit de l’époque, considérons un extrait du discours de Jules Ferry (un partisan zélé de l’expansion coloniale) le 28 Juillet 1885: "Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures."

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État de Droit à Madagascar : Sans Foi Ni Loi

© Dmitry Sunagatov - Dreamstime

© Dmitry Sunagatov – Dreamstime

L’Etat de droit est un Etat soumis au droit. Et la justice est l’institution centrale dans le bon fonctionnement de l’Etat de droit. Les forces de l’ordre (la police nationale et la gendarmerie nationale) participent pleinement avec cette institution au respect et à l’application des lois en vigueur. Pour attirer les investisseurs étrangers et s’assurer la sympathie de la communauté internationale, les gouvernants ne se fatiguent pas de répéter que Madagascar est un Etat de droit : un des piliers fondamentaux de la démocratie. Quelle crédibilité ont ces autorités publiques dans l’accomplissement de leurs missions à l’intérieur même du pays ? Peut-on croire et avoir confiance en la justice malgache ?

On se soucie de l’image que le pays évoque à l’extérieur mais quelles traces laissent nos hommes (et femmes) de loi et les forces de l’ordre sur le territoire national ? Il faut dire que les événements majeurs de ces dernières années ne sont pas flatteurs pour ces garants de la Justice à Madagascar.

Le 24 Juillet 2009, des éléments de la gendarmerie ont assiégé la maison d’arrêt de Bazar Be (Toliara) pour délivrer trois des leurs – concernés par des affaires de corruption et de trafics de bovidés. Le 09 Décembre 2011, des éléments de la police nationale ont attaqué la même prison dans le but de faire sortir un collègue mêlé à une vente d’arme à un bandit. Ce dernier incident a malheureusement débouché sur la mort du premier substitut du procureur de la république, Rehavana Michel, pris en otage par les policiers. Et que penser de l’action en Novembre 2012 des agents pénitenciers qui menaçaient de libérer tous les détenus d’Antanimora (Antananarivo) suite à l’implication d’un des leurs dans une affaire de braquage (affaire Rasolo Stephan) ? Par ailleurs, le paiement de dessous-de-table pour réussir son entrée à la gendarmerie et à l’école nationale de la magistrature est un secret de polichinelle. Le ministre de la justice était même au milieu de polémiques quant à l’admission de sa progéniture en tant qu’élève magistrat durant le concours de 2009.

En parlant de corruption, selon le Centre d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne (CAJAC) en 2012, la gendarmerie est le secteur le plus corrompu et la Justice vient en deuxième position.

"L’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part." Gustave Le Bon

Nul n’est censé ignoré la loi mais quand elle est bafouée par ceux qui sont censés la représenter, à quel saint se vouer ? Ces types d’événements ne font que décrédibiliser davantage le système tout entier. L’image de la justice est déjà écorchée par les mauvaises expériences des citoyens quant au traitement des affaires les concernant. Résultat des courses :  existence d’un climat d’anarchie et d’insécurités au pays. Personne n’est au-dessus de la loi mais chacun fait ce qu’il veut.

Les Dahalo (voleurs de bovidés) et les braqueurs de tout genre ont le culot de défier les forces de l’ordre, on assiste au pillage des ressources naturelles à tout va, on ne fait que constater la prolifération d’escroqueries, de détournements de fonds et autre enrichissement personnel illicite. Concernant les biens mal acquis, des gens ordinaires sont témoins d’enrichissement extraordinaire de leurs voisins. Certaines personnes se vantent même de réussir un "coup de poker" en faisant des fraudes dans les administrations sans que cela déclenche des enquêtes sérieuses dignes de ce nom.

Les gens sont dégoutés par l’impunité et la facilité avec laquelle des coupables sortent tranquillement des prisons au grand dam de tous.  D’ailleurs cela explique l’ancrage des justices populaires (auto-justice) : exécutions sans procès des malfaiteurs (qui malgré leurs forfaits ont aussi des droits). Ce genre de pratique marque le manque de confiance en la justice et ses défendeurs.

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Malagasy Mivoatra : Iza No Sahy Hijoro Hiady Amin’ny Fahantrana ?

© Mconnors MorgueFile

© Mconnors MorgueFile

Filaza ny hoe: “Ampahantraina ny Malagasy fa tsy mahantra akory”. Ka iza ary no tena mampahantra an’i Madagasikara? Ny toe-tsain’ny mpanao politika no matetika firesaka, ny fomba ratsy fitantanana ny raharaha-pirenena, ny fanararaotana sy fangalarana ataon’olom-bitsy ny fananam-pirenena, ny fitiavantenan’ny tsirairay, ets. Fa manao ahoana kosa anefa ny toetsaintsika olon-tsotra?

Toa resaka politika ihany no mahaliana sy mamporisika antsika hihetsika hanao rodobe eny andalana ka hitaky fanovana. Mora koa ny mitsikera ny fitondrantena sy fomba fiasan’ny hafa fa mora ny manadino mijery akaiky mandini-tena. Mafana ery ny fon’ny tsirairay rehefa miresaka ny “aim-pirenena” sy ny fahoriana mianjady amin’ny Malagasy. Kanefa firy amintsika olon-tsotra koa no manana fihetsika sy toetsaina mambotry ny fiaraha-monina ka manampy trotraka ny fahantrana misy?

Ilaina ny tsikera ary tokony atao mandrakariva mba hisintonana lesona. Fa tsy tokony hijanona eo amin’ny mpitondra na resaka politika fotsiny ihany anefa izany fa amin’ny sehatra rehetra eny amin’ny firaha-monina rehetra eny koa. Mila mandray andraikitra tandrify azy ny tsirairay.

Betsaka ny tranga-javatra sy zava-miseho isan’andro: eo anivon’ny fianakaviana, eny an-dalana, any ampiasana, eny ambony “Taxi-be”, eny amin’ny sampandraharaha isan-karazany sy fokontany rehetra eny. Betsaka  ny toe-javatra mibiloka izay ilana fifanabeazana sy fifampitenenana fa saingy efa lasa mahazatra ny mahita sy miaina ao anatin’izy ireny .

Manaiky matoa tsy miteny

Maro amintsika no latsaka amin’ireny fombafomba sy fahazaran-dratsy mila ovaina ireny. Misy koa anefa ny miezaka ny tsy hanao azy ireny kanefa kosa mangina manoloana ny zavatra tsy rariny satria matahotra ny vavan’olona na manaraka fotsiny ny fomban-tany.

Santionany amin’ny tranga-javatra fahita ireto zavatra manaraka ireto:

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Du Pays du Moramora au Kaizen (2/2 Partie)

© MorgueFile "Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas." ) Lao-Tseu

© MorgueFile
"Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas." Lao-Tseu

Changer de mentalité revient toujours comme la voie préconisée par de simples citoyens lorsqu’on leur demande ce qu’il faut faire pour sortir de la pauvreté et tendre vers une société plus juste et évoluée. Ce changement de mentalité serait requis de la part des dirigeants politiques dans leur manière de concevoir la gouvernance, mais aussi passerait par une prise de conscience collective quant à la notion de responsabilité au quotidien. Plus facile à dire qu’à faire ? Nous avons parlé de l’attitude Moramora qui « ralentirait » le développement général d’un individu ou toute une nation. Mais comment changer les vielles habitudes et par où commencer ? Nous avons annoncé que le Kaizen pourrait être la meilleure chose qui puisse nous arriver compte tenu de notre circonstance.

Lentement mais…sûrement

Pour dire les choses simplement, le Kaizen est un mot japonais qui a pour sens : « amélioration continue ». Etimologiquement, ce terme est composé des mots « Kai » qui veut dire changement et « Zen » qui signifie bon. C’est un état d’esprit qui cherche à améliorer une situation donnée graduellement et doucement afin de la rendre meilleure. En d’autres termes, le Kaizen repose sur le fait que les petites actions d’amélioration faites régulièrement engendreront de meilleur résultat ou performance.

Tout cela semble relever du bon sens. Toute création ne passe pas de la naissance à l’âge adulte dans la même journée. Pour acquérir les connaissances nécessaires, on ne passe pas de la maternelle à l’université du jour au lendemain. Tout est question de petites étapes à franchir. L’esprit Kaizen peut se résumer ainsi : Mieux qu’hier, moins bien que demain.

La force principale de ce mode de pensée est due au fait qu’il ne se base pas sur de gros moyens ou de changement radical mais chacun avec le peu de choses qu’il a et, avec un minimum de volonté pourrait accomplir de grandes réalisations à terme.

D’ailleurs pour toutes ces raisons, le Kaizen est l’apanage des entreprises qui cherchent constamment à améliorer leurs compétitivités et performances: redéfinir continuellement le standard de qualité afin d’obtenir de meilleurs produits.

Cela requiert une certaine humilité d’être dans l’autocritique et de relever le défi de passer au prochain niveau vers l’excellence. Cette vision a été popularisée par Toyota dans le monde des entreprises – notamment dans les domaines de la production et de la logistique. Vous êtes peut-être familiers avec ces quelques termes barbares : Cycle PDCA, Kanban, Six Sigma, Lean manufacturing, 5S, Poka-Yoké et Just-in-Time. Nous n’allons pas entrer dans les détails mais en général ce sont des techniques dérivées du Kaizen qui consistent à chasser les gaspillages (les défauts, les sur-stocks, les mouvements inutiles) et identifier les activités à forte valeur ajoutée.

Ce qui nous intéresse au plus haut point, c’est l’application de cet état d’esprit dans notre quotidien.

Qui n’avance pas recule

Les mots clés à retenir sont : amélioration (aussi minime soit-elle), lentement mais graduellement et de façon continue.  On est d’avis qu’une situation stagnante n’est pas forcément un bon signe car on fait du surplace et l’on risque de perdre pied.

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Du Pays du Moramora au Kaizen (1ère Partie)

©Krayker RGBStock

Vous connaissez sûrement quelques noms ou expressions pour désigner Madagascar et "Pays du Moramora" en fait certainement partie. Si l’appellation peut cacher des aspects positifs, il faut reconnaître que le sens négatif du terme contribue largement à sa renommée qui nous colle à la peau et fait désormais partie des vocabulaires pour définir le "rythme" à la Malgache. De l’autre côté, nous avons le Kaizen venu du "Pays du Soleil Levant". Il est juste fort intéressant d’observer que si ces concepts évoquent tous les deux un rythme "lent", les tenants et les aboutissants ne sont pas identiques.

Lentement mais…lentement

Pour les non-initiés, "Moramora" veut dire littéralement : doucement ou lentement et se lit "Mouràmoure". Mais, l’idée même sous-entend une connotation péjorative notamment lorsque l’on se réfère à la façon de vivre ou de travailler (lenteur, insouciance ou laisser-aller) des Malgaches - typique des pays chauds diront les mauvaises langues.

Il faut néanmoins préciser que vous pouvez être originaire d’un pays où la rigueur est d’usage mais êtes vous-même "moramora" de nature. Comme vous pourriez rencontrer un Malgache plus discipliné que la meilleure armée du monde (les deux doivent bien exister, non !?).

Si avoir une "Moramorattitude" est plutôt perçue comme négatif, il faut dire que comme toute chose, cette façon de vivre a ses bons côtés : être relax, Zen et calme constamment. Certains affirment même que le pacifisme et la gentillesse légendaire des Malgaches sont bercés par ce rythme. On pourrait appeler cette partie l’apologie du Moramora ! Le fait qu’on ne se casse pas trop la tête sur ce qui se passe ou ce qui pourrait advenir rend les gens "moins angoissés". À ce propos, le dernier classement de Happy Planet Index (HPI, 2012) rapportait que Madagascar fait partie des 10 pays les plus heureux d’Afrique et aussi incroyable que cela puisse paraître, la Grande Ile est plus heureuse que la France selon toujours le même classement. Notre Moramora national pourrait-il expliquer à lui seul ce résultat ? Mais comme le bonheur est relatif, la réalité nous rappelle que la majorité de la population vit dans une misère sans nom. À chacun de répondre si ce "laisser-aller" contribue plus à notre bonheur ou à notre malheur ?

Pour dire les choses clairement, la mentalité Moramora reflète un certain manque de rigueur dans la façon de faire et d’appréhender les choses. Ce terme englobe diverses significations qui peuvent se manifester sous différentes formes. Les exemples suivants ne sont pas exhaustifs, mais nous donnent un aperçu de ces différents aspects. Pour chaque cas, on a mis un scénario typique afin d’illustrer ce genre de situation {…}.

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Fédéralisme ou Etat Unitaire: diviser pour mieux régner ?

© Zolwiks

En cette période de crises mondiales supplantées par une crise politique locale sévère en ce qui concerne Madagascar, des idées font ou refont surface. La question du « Fédéralisme versus Etat unitaire » est toujours évoquée. Un thème brandi presque systématiquement par les partisans du fédéralisme à chaque fois que le pays traverse des moments « difficiles ». A Madagascar, le terme « fédéralisme » divise l’opinion et fait penser au tribalisme et à la guerre « ethnique ». Pourquoi cette mauvaise perception au niveau de la population ? Les instigateurs comprennent-ils eux-mêmes la portée de tel concept dans un pays pauvre et fragilisé par des différends politiques qui minent la société entière?

Que choisir ?

Il est intéressant d’observer que certains partisans ne savent même pas expliquer le fédéralisme qu’ils entendent instaurer au pays. A tel point qu’on se demande si c’est vraiment une démarche désintéressée centrée sur l’intérêt général ou bien juste une autre manœuvre politique afin d’obtenir sa part du « gâteau» du pouvoir?

Afin d’éviter tout malentendu, mettons nous d’accord sur les termes qu’on est en train de discuter. On ne va pas entrer dans les définitions purement juridiques. Par contre il est important de rappeler succinctement les caractéristiques de ces 2 formes d’organisation d’Etat.

L’Etat fédéral est constitué d’Etats fédérés divisés et délimités géographiquement (ex : Allemagne, Suisse, Etats-Unis). Ces derniers ont certaines autonomies limitées au niveau local. Chaque Etat membre peut avoir sa propre constitution et son propre gouvernement mais reste sous le contrôle de l’Etat central. Dans ce type de système, l’Etat central n’a pas le monopole de la souveraineté car celle-ci est partagée avec les Etats fédérés. Par contre, seul le gouvernement central est reconnu et peut s’engager au nom du pays tout entier au niveau international.

Par ailleurs, l’Etat Unitaire est un État dans lequel les principaux pouvoirs sont centralisés et demeurent entre les mains d’un seul gouvernement national (ex : Danemark, France, Australie, Madagascar). Néanmoins, un Etat unitaire peut adopter en son sein d’autres formes d’administration comme la « décentralisation » qui accorde une certaine autonomie au niveau local. Mais à la différence de l’Etat fédéral, il n’y a pas de transfert de souveraineté de l’Etat central vers ces « zones » décentralisées.

Il est à remarquer qu’à Madagascar, le terme le plus souvent utilisé est le « fédéralisme » et non pas l’« Etat fédéral ». Le terme même (avec cette terminaison en –isme) ne rassure pas toujours – péjoratif ? Cela rappelle une expression du général De Gaule qui disait « Nous ne sommes pas des Nationalistes, nous sommes des Nationaux. Les Nationaux sont ceux qui aiment leur pays mais les Nationalistes sont ceux qui détestent le pays des autres. » Citation que devraient méditer nos « fédéralistes » au pays.

En effet, la mauvaise perception du « fédéralisme » pourrait s’expliquer par la simple méconnaissance du terme même mais surtout par la tenue de propos « borderline » ou autres discours tribalistes qui créent souvent des malaises. En bref, si le fédéralisme vient du mot latin foedus qui veut dire « alliance », il est synonyme de division à Madagascar.

Que demande le peuple ?

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